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51ème BIENNALE DE VENISE - N°1 : CONSÉCRATION DE LA VIDÉO ET DE L’INSTALLATION, MARGINALISATION DE LA PEINTURE ET DE LA SCULPTURE, RECONNAISSANCE DES ARTISTES DE SEXE FÉMININ, APPARITION DES ARTISTES DES PAYS ÉMERGENTS, PRISE EN COMPTE DES SENS ET DE LA QUALITÉ

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A. Messager, fr."Casino"

Cette biennale, dans la continuité de la précédente, mais beaucoup plus lisible et cohérente, a été conçue par deux femmes : Rosa Martinez pour “Toujours un peu plus loin” à l’Arsenal et Maria de Corral pour “L’expérience de l’art” dans le pavillon italien. Quoiqu’on en dise, je suis persuadée que les choix, d’une sensibilité plus féminine, donnent à cette biennale une coloration différente, marquée par un plus grand réalisme et moins d’intellectualisme, une consécration de l’art-vidéo, un médium choisi par les femmes et les artistes des pays “émergents” et le respect de la qualité et du savoir-faire.

Parité artistes du sexe féminin - artistes du sexe masculin : le choix de Rosa Martinez à l’Arsenal l’a strictement observée, c’est une grande première, nous ne nous en plaindrons pas, bien au contraire.

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B. Kicsiny, Hongrie

Plus à fleur de peau, plus lisible, donc : point n’est besoin de s’attarder sur les inévitables cartels accompagnant les œuvres, cette biennale fait appel à nos sens. La ludique installation d’Annette Messager dans le pavillon français qui a reçu le lion d’or en est un bon exemple, je citerai aussi l’installation “Hôpital” de George Hadjimichalis dans le pavillon grec, “An experiment in Navigation” de Balazs Kicsiny au pavillon hongrois, “Chelgis II” de Mandana Manghaddam au pavillon iranien, “Versations/Tetralogia” de Gabríela Fridriksdóttir dans le pavillon islandais, “La Ascension” de l’argentin Jorge Machi (qui nous envoie en trampoline et en musique vers le paradis baroque du plafond d’une chapelle), sans oublier l’ornementation du palais italien par Barbara Kruger (lion d’or). Il en est de même pour la plupart des vidéos, figuratives par nature.


Essoufflement de la peinture et de la sculpture : cela devient une évidence à laquelle il faudra bien s’habituer. La 50ème biennale présentait encore quelques jeunes peintres, on peut dire que cette année, en dehors des peintres et sculpteurs confirmés depuis belle lurette (Bacon Tapiès, Martin, Guston, Munoz, Bourgeois ), les peintres de la nouvelle génération se comptent sur les doigts de la main, mais sont excellents : la sud-américaine Marlène Dumas, le français Bernard Frize,

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M. Weischer, Allemagne, "Automat"

l’allemand Mathias Weischer, l’espagnol Juan Uslé et l’américain Ed Ruscha. Dans le pavillon italien, la sculpture, est représentée par les œuvres de l’allemand Thomas Schütte (lion d’or), et la grandiose empreinte d’un escalier de l’américaine Rachel Whiteread (mais faut-il encore parler de sculpture ? ). La peinture, qu’on dit pourtant régulièrement ressuscitée, n’est plus le médium adéquat pour les jeunes générations et on comprendra qu’elle ne répond pas à l’actuelle urgence d’expression et à l’immense besoin et/ou désir de liberté.


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C.Garcia Rodero, Esp. "Entre ciel et terre"

La vidéo, souvent mémoire de performances ou élément d’installations complexes, est donc portée au pinacle, partout et surtout dans les pays dits émergents d’Amérique du sud, d’Asie Centrale, de l’Europe de l’est, d’Afrique ou du Moyen Orient, (voir l’article n°2), et c’est là une grande surprise : ces pays l’adoptent d’emblée, parce que c’est sans doute pour eux le seul médium qui puisse parler avec réalisme de ce monde en souffrance et de son devenir. Et avec quelle force, quel impact ils se l’approprient ! tandis que nos “vieux pays” occidentaux, qui n’ont peut-être plus grand chose à dire, ont tendance à l’utiliser pour parler de leur problèmes perso intimistes (Jonas Mekas, Mark Raidpere, qui m’ont vraiment ennuyée) ou pour questionner l’art lui même (le luxembourgeois Prum qui, avec clin d’oeil (crevé) au chien andalou nous montre un film violent et sanglant sur la tyrannie du monde de l’art ! boff,boff...).


La photographie, peu représentée, est souvent, et pas forcément heureusement, manipulée sur ordinateur : pour exemple, les œuvres de l’allemand Thomas Ruff, ici décevant ; de Gilbert et Georges qui se prennent pour d’éternels dieux, mais qui, en fait, vieillissent, ( dans le genre, j’ai vraiment préféré les photographies du groupe russe des Blue Noses, beaucoup plus signifiantes et nouvelles). Par contre, le travail passionnant du coréen Yeondoo Jung (mettre en image les rêves ou les désirs), celui de la portugaise Helena Almeida (photographies d’attitudes corporelles), celui de l’espagnole Cristina Garcia Rodero (confrontation images de rites religieux - images de rites sociaux ou sexuels ), font partie de mes découvertes passionnantes.

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H. Almeida, Port. "Intus"

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Pour lire la page 2 de cet article, Biennale N° 2, cliquez ici
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Crédit photographique : mflp, Biennale de Venise, Pavillons Nationaux, © Biennale de Venise et les artistes. Les images sont libres de droit


publié le 12 avril 2008

auteur(s) En diagonale /

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