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André Neyton, directeur de l’espace Comédia Théâtre de la Méditerranée, au Mourillon

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Ce théâtre de 221 places axe essentiellement sa programmation sur des
productions méditerranéennes. Le lieu a été créé en 1991 par la
transformation d’un cinéma en théâtre. Il est animé et dirigé depuis son
ouverture par le Théâtre de la Méditerranée créé en 1985.

Seule structure sur la ville de Toulon à proposer une programmation théâtrale, il ouvre naturellement celle-ci à la création contemporaine non méditerranéenne afin de répondre aux attentes du public toulonnais.

L’équipe est composée de 6 permanents, dont 2 emplois jeunes. Il propose
environ 20 spectacles pour 35 représentations par an.

L’essentiel de ses financements publics provient du Ministère de la Culture, du Conseil Général du Var et du Conseil Régional. La ville de Toulon qui a cessé d’être partenaire du théâtre en 1995 devrait le redevenir. Un retour symbolique en 2002 peut être considéré comme de bon augure. D’autant que le fonctionnement de la décentralisation culturelle devrait en faire la condition pour que l’Etat poursuive sa participation.

Pourquoi le théâtre est-il marginal dans le paysage culturel de notre agglomération ?

On ne peut pas dire exactement cela. Dans notre pays (et ailleurs aussi) le théâtre ne touche qu’une petite partie de la population. A Toulon peut-être encore plus qu’ailleurs en apparence. car de nombreux toulonnais et habitants de l’agglomération ont pris l’habitude, au fil des décennies, de regarder vers Marseille. Il faut aujourd’hui les inciter à s’intéresser à ce qui se passe chez eux. On ne fait pas facilement l’économie d’une trop longue période d’absence. Ce qui implique une intervention lisible de la collectivité publique, notamment locale. Des projets sont en cours pour
l’avenir. Mais ce qui existe doit continuer à assurer, en rassurant sur la
volonté publique de gérer un changement.
Toutes les villes de l’importance de Toulon (certaines plus petites)
comptent plusieurs théâtres d’importances différentes. Toulon devrait à
l’avenir suivre la même évolution.

Comment, justement, les choses évoluent-elles ?

Les 6 théâtres qui existent actuellement sur l’agglomération ont su se
créer un public. Je dirai même, des publics. Depuis ceux qui demandent un
théâtre de répertoire (notamment pour répondre à l’attente des enseignants) jusqu’à ceux qui sont passionnés par une création plus pointue, en passant par le public qui manifeste un intérêt pour la création méditerranéenne. Il existe aussi un "non public" qui vient au théâtre, exceptionnellement , là où il se sent concerné. Pour ma part, en tant que créateur, c’est aussi celui-là que je vise. En interrogeant le substrat de la mémoire populaire.
"Populaire !", un mot qu’il conviendrait sûrement de réhabiliter dans
l’action culturelle. Un mot qui ne s’accommode certainement pas de son
proche parent, populisme. C’est, en toute certitude, là où peut se situer
l’évolution : réconcilier la population avec le théâtre parce que, par le
théâtre elle prend la parole qui lui manque.

Est-ce qu’il n’y aurait pas quelque chose à faire du côté des étudiants, faut-il communiquer plus ?

Il faut le constater, nous avons peu d’étudiants. Cela étant, le travail de nos emplois jeunes "médiateurs culturels", commence à payer. Beaucoup reste à faire mais les choses avancent.

Le théâtre est-il condamné à dépendre des subventions ?

"Condamné", serait le théâtre s’il n’était pas subventionné. Condamnée
serait une France qui ne subventionnait plus le théâtre, la danse, les
bibliothèques, la vie culturelle en général, laissant celle-ci à la loi du
marché, donc à la mort de ce qui ne rapporte pas. Condamnée à n’avoir pas de théâtre ni de création théâtrale, serait la Ville qui aujourd’hui refuserait de le subventionner. Plus concrètement, et pour votre information, il est admis par le Ministère de la Culture qu’une structure culturelle doit avoir des recettes de 20 a 30 % de son budget général.

Comment envisagez-vous l’avenir ?

La fréquentation évolue favorablement avec un remplissage moyen de 70 % sur l’année. Cependant un théâtre de 220 places dans une conurbation de 400 000 habitants doit se donner l’objectif d’un remplissage plus important. A la condition, bien entendu, que les financements publics permettent d’assurer une programmation répondant aux attentes de ces différents publics et de ceux qu’il s’agit d’amener progressivement au théâtre. D’où la nécessité d’une action permanente auprès des jeunes qui sont le public de demain. Nous sommes actuellement dans une phase de négociation entre les différents partenaires publics pour assurer ces missions à moyen et long termes.


publié le 12 avril 2008

auteur(s) tib /

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