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CLAUDE VIALLAT, "Marseille, et après..."

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Point de toiles tendues sur châssis, mais des supports flottants, souvent de grand format, (toiles de tente, de drap, de parasol, voiles de bateaux, etc...), des filets, des cordes nouées, des supports qui apportent avec eux la troisième dimension et qui appellent inexorablement le doigt à toucher et à manipuler.

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Ici se trouvait une des images pour lesquelles une société de droits d’auteur nous réclamait 50 € par mois (tarifs pour les organismes à but non lucratif et sans recette). Nous avons donc supprimé ces images au détriment des artistes.

Pas de formes aléatoires témoins d’une émotion, pas de formes pauvres issues d’un concept, mais une forme, toujours la même, répétée patiemment, une forme générique, qui n’est ni géométrique ni biologique, une forme qui fait penser à tout, à rien, bref, LA Forme, née d’un coup d’éponge... De la couleur pour la couleur, qui vient entourer la forme, une couleur qui imprègne la toile, qui y pénètre, qui joue avec le temps, une couleur qui laisse des zones d’incertitudes, ces zones qui font vibrer la forme. Une oeuvre sans composition composée, mais une oeuvre où tout devient composition : le support, la forme, le fond, la couleur, une composition expansionniste, que l’oeil aime prolonger, anticiper.

Claude VIALLAT a horreur du vide, il lui est urgent de peindre, et par sa peinture, à la fois primitive et contemporaine, il nous transmet son énergie, l’énergie magique et active des premiers peintres des cavernes, et, chose rare aujourd’hui, sa peinture "nomade" nous emporte malgré nous vers une très belle aventure visuelle.

Et puis, une magnifique surprise : ces deux salles de la Vieille Charité consacrées entièrement aux "Objets" réalisés depuis les années 1970, magnifique surprise, parce que moins souvent montrés. Et pourtant, ces oeuvres, assemblages précieux de matériaux de rebut (bois flottés, cordes, etc), compositions à la fois simples et d’une très grande force graphique, légères et porteuses de grandes tensions entre équilibre et basculement, à la fois évidentes et improbables, ces oeuvres sont totalement magnifiques, magiques et poétiques. Ces assemblages sont pour l’artiste une sorte de respiration, de reprise de souffle, ils surgissent, dessinés sur une feuille de papier, ils sont rarement réalisés, et , nous dit Claude VIALLAT, l’objet est la manière la plus ténue pour faire passer la relations des choses au sens.

Un peu d’histoire

Claude VIALLAT, né en 1936, a été de ceux qui, dans le bouillonnement d’idées des années 1965-1968, et en réaction à la médiocrité et l’impasse dans laquelle se trouvait l’école de Paris de l’après-guerre (avec Bazaine, Estève, Manessier..), ont courageusement remis à plat la problématique de la peinture. En 1969, il créait avec BIOULES, DEVADE, DEZEUSE, SAYTOUR le célèbre mouvement Supports-Surfaces, qu’il devait quitter dès 1971. Par son manifeste, ce mouvement se situait clairement en opposition au néo-dadaïsme, porteur de l’héritage anti-art de Marcel Duchamp, à l’avant-gardisme de BMPT, voué à l’impasse du minimal ou du concept (avec Buren, Mosset, ’Parmentier, Toroni) ou au nouveau réalisme tourmenté par une vision sociologique du monde (avec Klein, Christo, Villéglé, Tinguely, César..).

Supports-Surfaces, lui, fait l’inventaire complet des diverses données de ce que l’on entend par peinture, les remet en cause et les redistribue autrement.. Il remet en question les moyens picturaux traditionnels et adopte une grande liberté de technique dans la coloration et dans le geste (empreintes, tampons, trempage, pliage, cousages etc ;..), engageant une réflexion sur le non-illusionnisme de l’oeuvre et les rapports endroit/envers. Il remet en question le support : travail sur la toile libre, sans châssis ni cadre, engageant ainsi une réflexion sur l’espace de la toile, l’espace de l’accrochage et l’intégration au lieu, sur la limite, le champ, le plein, le vide, le dur, le mou etc... Il remet en question la composition même de la toile. Bref, il libère totalement la peinture qui redevient peinture sur toile, toile qui redevient trame, et la peinture ainsi libérée n’est plus cet écran en deux dimensions, porteur d’émotions ou d’idées, avec mise en scène d’une troisième dimension illusoire, non, la peinture est peinture, point à la ligne.

Claude VIALLAT a eu une influence déterminante sur la vie artistique française, n’est-il pas un de ceux qui bouclent la spirale de l’histoire de la peinture. On ne peut s’empêcher de poser la question et après, quid de la peinture ? Claude VIALLAT serait-il un des derniers peintres ? ou serait-il au contraire, un jalon pour un art qui, débarrassé de tous préjugés picturaux, envahirait les nouvelles technologies ?

Claude Viallat, né à Nîmes, vit et travaille à Nîmes, il a enseigné à Marseille, dans les années 1970, d’où le titre de l’exposition "Marseille, et après..."

L’exposition sera prolongée d’une durée non connue à ce jour téléphoner au 04 91 14 58 80 Centre de la Vieille Charité, 2, rue de la Charité, 13002 Marseille


publié le 12 avril 2008

auteur(s) En diagonale /

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