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Dans les brumes de Bru

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Les cimaises de la Villa Tamaris (salles rez-de-jardin) accueille l’oeuvre inclassable de Georges Bru, que certains connaissent également comme professeur de dessin à l’Ecole des Beaux arts de Toulon, fonction qu’il occupa jusqu’en 1993. Né dans le Lot-et-Garonne en 1933 - département que l’on prononce en roulant fièrement les « r » -, Georges Bru déroule son enfance à Albi, dans le Tarn, sous la protection heureuse de la basilique Sainte-Cécile, édifice de briques rouges à l’allure étonnamment moderne bien que bâtie entre le XIII et le XVème siècle.

L’histoire de la ville chère à Toulouse Lautrec, Jean Jaurès...et Georges Pompidou est étroitement liée à l’hérésie Cathare. Voyons peut-être là la singularité d’un artiste qui a su construire une oeuvre hors du temps tout en s’inspirant des fruits plus ou moins mûrs de son époque. Car le vrai Georges Bru dessine depuis les années cinquante, utilisant des techniques traditionnelles ou les inventant à sa convenance. L’homme cultive savamment une discrétion qui ne s’embarrasse pas de la lourdeur des secrets pour autant. Il voue une passion tout à la fois à l’imagerie populaire, l’affiche, l’illustration, les planches botaniques et scientifiques.

Son panthéon est habité par les expressionnistes, les surréalistes, Marx Ernst, Polock, Balthus, Chagall, Klee, Klosowski, Pierro della Francesca, l’immense Fellini, Poe, Gracq...des valeurs sûres qui s’affranchissent de toute chronologie puisque le temps qui passe n’est pas une valeur en soi. Grand amateur de Jazz, il collectionne par exemple les différentes versions de I remember Clifford (morceau composé par le saxophoniste Benny Golson) dont il en posséderait à ce jour près de 700. Cette générosité se retrouve dans les techniques, celles qu’il conçoit comme sa « manière noire » une combinaison de colle vinylique et d’encre de chine grâce à laquelle apparaissent des figures après essuyage de la surface. Ou bien celles issues des travaux manuels et des Beaux-arts comme le dessin estompé, le crayon et lavis, le dessin au trait ou encore le stylo à bille, les colles, les tampons ménagers...sans omettre une large famille de papiers, pelure, collé, huilé, abrasé...Bru crée des atmosphères où le sombre libère avec subtilité les formes et les silhouettes. Avec des côtés fantastiques où l’on pense quelquefois croiser des fantômes (à moins que l’on ne les projette ?), l’indéfinissable et le malaise se jouent de nos propres contradictions. Ce travail singulier se dévoile dans les Galeries de renom (Galerie Chave, à Vence) depuis 1970, et offre une multitude de lectures et d’approches en apparence contradictoires. Un paradoxe qui rejoint la discrétion de cet homme, l’artiste, et de son oeuvre en tout point prolifique.

Exposition « Georges Bru, Dessins en noir et blanc dont certains en couleur », du 8 mars au 6 avril 2008, vernissage vendredi 7 mars, 18h00, Villa Tamaris Centre d’art, salles rez-de-jardin. Tel : 04.94.06.84.00
(légende visuel : personnage à la culotte de Georges Bru)


publié le 12 avril 2008

auteur(s) Jean-Christophe Vila /

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