Dies Irae est une pièce chantée millénaire de la liturgie catholique des défunts (messe de requiem) décrivant le jugement dernier, la colère de Dieu, qui condamne les mauvais et délivre les bons. Le Dies Irae d’Andreiev, c’est « le libre chant des jours terribles de la justice et du châtiment », un court texte prophétique, composé de deux chants, eux-mêmes scindés en chapitres numérotés, de longueurs très inégales, faits parfois d’une ligne, parfois de plusieurs pages.
Le texte semble se baser sur des événements de l’histoire politique et géologique, en Sicile, terre des « tyrans » déchirée par les éruptions volcaniques et les séismes.
Le narrateur, Geronimo Pascagna est un assassin, un prophète, un poète, un fou emprisonné, un « mauvais ». Il raconte un cataclysme qui un jour a abattu les murs de sa prison, sa ville, et peut-être le monde. Un cataclysme inespéré, puisque ceux que la société a écartés sont libérés. Il raconte son errance avec d’autres prisonniers à travers les ruines. Il chante son amour de ses compagnons, de la route, la redécouverte de l’horizon, des couleurs, du soleil.
Puis il raconte comment les gendarmes l’ont repris, et enfermé encore dans une prison. Alors, il prédit un nouveau cataclysme, la fin du monde, un nouveau jour de justice et de châtiment.
C’est une voix qui refuse de se résigner, qui veut déchirer les oreilles étroites et onduleuses de ses mots qui marchent droit.
A présent, puisqu’il a pu y goûter, il ose appeler la liberté.
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