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FESTIVAL PHOTOMED 2014

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SANARY - BANDOL - TOULON

LEILA ALAOUI  : "Les Marocains", Espace Saint-Nazaire

ARSLANE BESTAOUI : "Les femmes de Sid El Houari" , Oran Maison Flotte

DENIS DAILLEUX : "Egypte des Martyrs de la révolution" , Atelier des Artistes

PAOLO VERZONE  : "Cadets", Galerie Barthélémy de Don

Des photographies d’hommes et de femmes de pays, de cultures, de conditions parfois très éloignés. Tous vivent autour du bassin méditerranéen dans des lieux qui, pour nous, les touristes, sont d’inépuisables mines de clichés à rapporter : Grèce, Italie, Egypte, Maroc, Algérie… Qu’est-ce qui fait alors que ces images-là, de Leïla ALAOUI par exemple, folkloriques à souhait, époustouflantes de détails pittoresques – certes, grandeur nature – n’ont rien à voir avec celles de mes vacances au Maroc ? Ou encore, celles des "femmes de Sid El Houari" captées par Arslane BESTAOUI, dans leur univers d’ombre et de lumière, d’une simplicité triviale tellement "photogénique" ?

Pourquoi Paolo VERZONE a-t-il choisi de photographier les Cadets des écoles militaires pour interroger le monde actuel ? Qu’est-ce qui fait que la série des "Martyrs de la révolution" dans sa présentation systématique (un polyptyque composé d’un texte, de deux petites images de gens dans un intérieur, des objets et des photos du disparu, une vision urbaine en grand format) dépasse le simple reportage pour devenir une démarche artistique ? Et aussi celles de Leïla ALAOUI et de Paolo VERZONE qui procèdent de la même rigueur documentaire ?

Ces photographes racontent. Ils témoignent de l’existence d’individus dans leurs diversités culturelles ; ils ont su voir l’exception dans la banalité du quotidien. Mais surtout, ce qu’ils ont saisi et nous ont transmis, c’est la gravité, la retenue égale pour tous ; quelque chose d’universel dépassant les frontières, qui serait la dignité.

Photographier la dignité, c’est parfois avec presque rien : une ombre pour Arslane BESTAOUI, une silhouette pour Denis DAILLEUX, un rideau noir devant lequel posent et s’imposent frontalement les marocains de Leïla ALAOUI. Bien sûr, c’est en montrant la fierté des cadets ; mais en sachant aussi saisir discrètement, malicieusement, dans la rigueur imposée, le petit décalage d’où naîtront l’émotion et la sympathie pour ces jeunes qui font l’Europe. Photographier la dignité enfin, c’est, pour Denis DAILLEUX, aller dans les familles de ceux qui sont morts lors de la révolution d’Egypte et qui survivent pour leur mémoire ou leur idéal.

La dignité ne se trouve pas seulement dans la misère, la douleur ou l’idéal, elle est dans le regard de ces photographies qui ne sont jamais voyeuristes, critiques, démagogues, mais qui sont capables de nous faire voir dans une danseuse orientale, une déesse antique.

"La seule dignité de l’homme : la révolte tenace contre sa condition". Albert CAMUS – Citation dans le Petit Robert.

Lilyane ROSE

Œuvres de référence, et, par ordre d’apparition dans ce texte, certaines d’entre elles :

© Arslane BESTAOUI : "Les femmes de Sid El Houari" – (Oran, Algérie) 2013
"Ombres de linges"
"Femme au foyer"
© Leila ALAOUI  : "Les Marocains" 2011
©Paolo VERZONE : "Cadets" Académie navale hellénique (Le Pirée)
© Denis DAILLEUX  : "Egypte des Martyrs de la révolution" 2012
"Homme regardant la mer à El Qosier" (Mer Rouge) 2003
"Danseuse orientale lors d’un mariage populaire à Bab Zweila (Le Caire) 2001

images libres de droit, courtesy Photomed

Texte Lilyane ROSE

Misse en page : MF LEQUOY-POIRÉ


publié le 16 juin 2014

auteur(s) En diagonale /

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