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HOLDEN : l’interview et le concert

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C’est autour d’un risotto plutôt bon, après avoir parcouru 800 bornes dans la journée et calé tant bien que mal les balances, qu’Armelle et Mocke ont bien voulu aux quelques questions d’un pseudo-journaliste fan.

Yaquoi : La tournée a débuté depuis huit mois. Comment êtes-vous accueilli sur scène ?
Armelle : Très bien.
Mocke : Ouais, très bien. Ce qui est vachement agréable c’est que les gens connaissent bien nos albums. On pensait pas que c’était autant passé dans les moeurs. La tournée d’avant, il y avait vachement moins ça ; les gens découvraient.

Yaquoi : L’album a reçu un nouveau succès d’estime. Il a été sur la liste de France Inter, a tourné sur les ondes du Mouv’, et a reçu les félicitations de Télérama. Comment voyez-vous votre relation avec les médias mais aussi avec les auditeurs ?
Armelle : Très faciles parce qu’on a une discographie pas facile, dans un créneau un peu restreint. On dit toujours "la pop élégante d’Holden", comme si l’élégance réservée à une espèce d’élite, alors qu’on voudrait faire de la bonne musique pour tout le monde, de la musique populaire en étant en même temps exigeant avec ce qu’on fait. Je pense que ça prend, plus de temps qu’un groupe pop traditionnel, mais le temps c’est loin d’être notre ennemi. Puis au fil du temps on arrive à se faire adopter par un public plus tenace que si ça avait été fait en un album.
Mocke : Le truc, c’est qu’on fait pas une musique facile à définir. C’est de la pop au sens large, c’est aussi des trucs qu’on trouve pas dans la pop. Des fois les gens sont un peu surpris, ils savent pas trop ce qu’ils vont entendre. En plus dans les concerts, on change souvent les versions.

Yaquoi : Le phénomène "renouveau de la chanson française" vous touche-t-il ?
Armelle : Ca c’est un peu à double tranchant parce qu’effectivement je chante en français et voilà, finalement c’est là que les journalistes (pas tous) ont essayé de nous classer. Et y a toute une "scène française" qui se rattache à nous (Jeanne Cherhal, Albin de la Simone) dans leurs interviews. Donc on a été un peu rattaché à ça. Ce qui, d’un côté, n’est pas plus mal : faut bien être rattaché à un courant. Mais quelque part on s’y retrouve pas complètement. Nous ce qu’on a essayé de faire depuis le début, c’est mettre nos influences anglo-saxonnes tout en écrivant en français, ce qui donne un truc un peu bâtard. Dans notre discothèque, y a peut-être 5% de français. Nos influences sont donc plus anglo-saxonnes que chansons françaises...
Yaquoi : ... oui vous chantiez quelques titres en anglais sur L’Arrière-Monde, mais depuis Pedrolira, c’est plus que du français...
Armelle : ... De toutes façons tu peux pas contrôler là où on te mettra. Il faut accepter le fait de mettre sa musique dans la nature et accepter que ça nous échappe.

Yaquoi : Vous chanterez un jour en espagnol pour les Chiliens ?
Armelle : Ce qu’aiment beaucoup les Chiliens dans notre musique, c’est les textes en français. C’est une part de charme, une espèce de madeleine pour eux. Chanter en espagnol, ç’aurait pas du tout le même effet.

Yaquoi : D’ailleurs, pourquoi le Chili ? Parce que votre producteur, Senor Coconut, y vit ?
Armelle : Non, ce sont deux histoires totalement différentes...
Mocke : ... parallèles.
Armelle : Au début, on a tourné au Chili parce qu’un label indépendant chilien nous a sorti là-bas lors du premier album. Un coup de chance hallucinant qui a fait un buzz incroyable. On a eu un super hit sur les radios, du coup on a eu très vite un public nombreux fan du groupe. On bénéficie d’un statut incroyable comme ça t’arrive une fois dans ta vie, comme Tahiti 80 au Japon. Tu comprends pas pourquoi. Du coup on a tourné plusieurs fois là-bas. On a dû y retourner du fait que Senor Coconut, notre producteur, habite là-bas.

Yaquoi : D’autres pays en Amérique latine vous attirent ?
Armelle : On va sûrement aller jouer en Argentine mais en général on se limite au Chili qui est un très grand pays où y a beaucoup de choses à faire.
Mocke : J’aimerais aller jouer au Mexique.
Armelle : J’adorerais, ouais, mais c’est pas simple que ça.
Yaquoi : Vous avez des contacts au Mexique ?
Armelle : Non pas spécialement. On laisse les choses aller, si ça se fait un jour...

Yaquoi : Vous travaillez en duo. Comment ça se passe ?
Mocke : On travaille ça...
Armelle : ... en imbrication totale...
Mocke : ...quasiment en même temps. On est à deux, on s’échange des bribes de morceaux, et puis on les continue comme ça. C’est une technique qu’on a expérimenté depuis pas mal d’années et qui fonctionne.
Yaquoi : Vous attendez d’être en studio pour échanger ?
Armelle : On fait un gros travail de pré-prod’ avec Mocke en fait. On prépare les morceaux à deux, faut un an en général. Quand on rentre en studio, les morceaux sont vraiment prêts. A part quelques exceptions.
Mocke : Une fois qu’on a fait le squelette, on boucle et on essaie d’évoluer comme ça.
Yaquoi : Même en studio ça doit prendre du temps et la bobine voyage autant que vous ?
Mocke : Ouais, [pour Chevrotine] en l’occurrence, on a été tout faire au Chili...
Armelle : ...Enregistré et mixé au Chili.
Yaquoi : Collaborer avec Senor Coconut ou avec Jean-Louis Murat, ou participer à une BO de film (Violence des échanges en milieu tempéré), ça participe de l’éclectisme du groupe ?
Armelle : On a des opportunités, on les prend, selon si c’est le moment ou pas.
Mocke : Ca nous intéresse de travailler avec des gens, de voir d’autres univers.

Yaquoi : Quels sont vos projets pour le futur ?
Mocke : On va enregistrer le prochain album. On a envie de l’enregistrer assez vite. L’été prochain on a envie d’être en studio. Donc voilà on commence à travailler là-dessus. On a envie de faire quelque chose de plus spontané que les autres et d’éventuellement tester des collaborations avec d’autres gens. De travailler un peu différemment.

Interview et photos : Julien, le 27 octobre 2006 à Hyères


publié le 12 avril 2008

auteur(s) Julien /

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