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"Impressions" de Yoko Ono

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Une exposition interactive, hors des sentiers battus, qui fait appel à la participation du public de 5 à 95 ans

Vous pensiez qu’une oeuvre d’art ne peut être qu’un tableau contenant formes et couleurs, délimité par une marie-louise biseautée, encadré d’une baguette longuement choisie, accroché définitivement sur le mur au dessus du canapé, éclairé par un spot, bref, une icône sacrée, sublime, éternelle ? Eh bien, vous vous trompiez : depuis le mouvement dada né en 1916 à Zurich, avec Marcel Duchamp comme figure principale, la notion d’oeuvre d’art s’est libérée des carcans traditionnels, jusqu’à s’anéantir totalement. Pour faire au plus court, disons qu’aujourd’hui cette notion englobe tout aussi bien la mise en situation d’objets de la vie courante ou trouvés (ready made), des actions corporelles (happenings, performances, actionnismes), l’appropriation de la nature (land-art, arte povera), du hasard (Morellet et son bottin de la poste), le processus de création lui-même (Mathieu, Yves Klein, Pollock peignent en public), le concept (Buren, Morellet, Venet visualisent un concept), ou encore la participation active du public dans l’élaboration d’une oeuvre, devenue éphémère. Avec dada, l’artiste descend de son piédestal pour intervenir en tant que médiateur entre création et public/acteur.

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Villa Tamaris : les écoliers deviennent des artistes

Yoko Ono répond entièrement à cette catégorie d’artiste conceptuel : depuis les années 60, elle nous propose des "oeuvres instructions" qui font appel à un concept, une règle mise à la disposition du public, celui-ci est invité à prendre part au processus de création et à continuer et terminer l’oeuvre dont les prémisses ont été définis. L’artiste s’efface, le spectateur/intervenant devient, lui, l’artiste.

A la villa Tamaris, des centaines d’enfants des écoles et de "grandes personnes" entrent dans le jeu de Yoko Ono, se plient aux instructions et produisent une action ou participent au devenir d’une création. Exemple d’action proposée très conceptuelle, puisqu’elle ne donne même pas naissance à une oeuvre matérielle :

"Tableau à construire dans sa tête"

"Observez soigneusement trois tableaux.

"Mélangez-les bien dans votre tête.

"Rassemblez les formes dont vous vous souvenez..."

ou encore, action plus matérielle cette fois :

"Tableau devant être arrosé"

"Arrosez-le tous les jours"

Yoko Ono a pris comme ligne directrice de cette exposition la découverte et la prise de conscience de soi à travers ses propres sensations ( tristesse, joies, fraternité, désirs) . Exemple : les visiteurs/acteurs sont invités à écrire leurs voeux sur une étiquette accrochée sur un arbre, devenu Arbre à souhait. Instructif que de lire les voeux des bambins (voeux d’amour entre les parents, voeux de séduction, choix de profession, désir de mort aussi...)

Cette exposition, si elle n’a pas l’ambition de montrer l’art visuel auquel nous sommes habitués, a un grand mérite pédagogique qui peut trouver ses prolongements chez soi ou à l’école, elle introduit activement, par la sollicitation des cinq sens, à une forme d’art actuel, conceptuel, ou d’installation interactive, d’art urbain aussi. Elle est une oeuvre-poésie chaque instruction est un petit poème ou, plutôt, une sorte de haïku japonais. Elle a également un mérite historique, puisque Yoko Ono est une figure marquante du mouvement dadaïste Fluxus des années 60 et s’inscrit dans l’histoire contemporaine de l’art.

Dommage que l’artiste n’ait pas pu ou voulu se déplacer et aller à la rencontre de tous ces enfants, ce qui nous fait dire que l’art conceptuel n’a même plus besoin de l’artiste...ou bien que cette exposition, qui a tourné dans le monde entier durant quarante ans, est devenue si rodée que Yoko Ono se sent fatiguée de recommencer toujours les même choses ? La question lui est posée...

Saluons au passage l’équipe d’animateurs qui reçoit tous les jours plusieurs classes et l’équipe culturelle de la municipalité de La Seyne qui est très consciente de la nécessité de faire connaître, comprendre et aimer l’art contemporain par tous les publics. Classes de tous niveaux, à vos bus !


publié le 12 avril 2008

auteur(s) En diagonale /

Exposition : @@ intérêt pédagogique et historique certain, intérêt visuel réduit, participation de l’artiste ??

Accrochage :@@@ soigneux

Vernissage :@@@ joli buffet, assistance nombreuse, mais absence remarquée de l’artiste

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