Aujourd’hui, à l’instar de l’Album Blanc des Beatles, l’album rose de La Rue
Kétanou offre le meilleur d’un groupe soudé comme jamais, qui, devenu son
propre producteur, enregistre toujours à la maison et constate : « Ce disquelà,
c’est un renouveau avec les bases du départ ». Rien de plus vrai : porté par
ces voix brutes, belles de leur fibre voyageuse informatable, le flamenco y
épouse comme d’hab’, la chanson, le rap et les accents tziganes au détour des
quatorze morceaux qui ne parlent au fond que d’amour. Honneur aux
femmes d’abord et tendresse surtout (Todas las mujeres, Germaine, Derrière
ses cheveux longs), ce qui n’exclut ni l’humour tendre (Ton cabaret), ni le fabuleux
rap à fromage (Maître Corbeau), ni la main fraternelle tendue aux
sans papiers (Les Derniers Aventuriers), ni, of course, l’hymne permanent à
la vie (Prenons la vie, 80 tours de la terre). À Contresens du terme galvaudé
de morale, La Rue Kétanou préfère son anagramme planétaire : el amor.







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