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Quand Java, quand Java est là...

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Ce mardi 27 juillet 2004 restera sans doute parmi les plus belles journées de l’histoire du Gaou. Java et -M- à l’affiche, de quoi faire des jaloux et se dire qu’on aurait préféré les voir dans un festival rock digne de ce nom plutôt que sur une plate-forme à touristes. Mais c’était bien, alors...

Java, c’est pas d’la menthe à l’eau, Java c’est du rock’n’roll... ou plutôt du rap-musette, c’est-à-dire un missile sonique balancé dans les oreilles chastes des lecteurs de Télérama.

En rencontrant, Fixi, l’accordéoniste du groupe, sous les pins, avec comme fond sonore les cigales de notre belle région de Provence, on a compris que l’on ne pouvait pas se limiter à la seule dimension “ déconne ” de Java. Ce groupe, parisien et non d’une île quelconque de l’océan Pacifique, se lance sans cesse dans une recherche de leurs racines musicales, à savoir les années 1930, la musique américaine (et c’est large !), le hip-hop et la musique brésilienne (et c’est large aussi !). Ainsi pour le deuxième et dernier album en date du groupe, les potes de Java se sont posés au Brésil, à Fleuve de Janvier, comme d’autres vont enregistrer des disques de blues dans la ville de Nash. Là-bas, à Rio, ils n’ont ni oublié leur petit maillot ni d’appeler des musicos brasileiros que connaissaient justement Fixi. Sur les percus des Flamengos, Erwan le chanteur a posé ses textes de titi parisien dans lesquels les influences de Gainsbourg, de Renaud et de Bobby Lapointe se balancent bras dessus bras dessous. Le mélange est aussi détonant et aussi agréable qu’une bonne caipirinha bien fraîche.

Les chansons de Java sont des “ courts métrages ” dans lesquels se rencontrent les femmes, la religion et l’alcool, le tout dans le tumulte de la vie parisienne. Alors quand on leur demande qu’est-ce qu’ils foutent sur scène avec -M- dont l’univers est plus sucré, sans être moins intéressant pour autant, ben, Fixi nous répond qu’-M- est un bon tremplin pour eux car les fans de -M- ne les connaissent pas. Java rencontre donc un autre public, s’ouvre des perspectives, mais Fixi le précise : Java “ garde son côté grinçant pour choquer ce public afin de ne pas perdre son identité ”. C’est un peu comme avec les médias. Pour Fixi, “ les médias doivent venir naturellement sinon il y a risque de compromission ”. On est un peu gâché, nous qui espérions voir enfin Java dans Pop Star. Si on ne les voit pas à la téloch, on peut quand même les voir à l’étranger. Mexique, Egypte, Liban, Allemagne. Bientôt Australie, Canada. Ce sont souvent des concerts dans les pays pauvres, et en règle générale, il ne s’agit pas de sessions pour les seuls Français expatriés.

Un prochain album ? Si l’envie y est, c’est sûr que Java le sortira. Mais avant cela, il y a la tournée à boucler et après la tournée, une envie de se ressourcer qui fera immanquablement surface. Et au fait, tiens, pendant qu’on y est, est-ce que java se sent intégré de ce qu’aujourd’hui on appelle complaisamment la “ scène française ” ? Oui, dirait Fixi, puisque Java chante en français et tourne la majeure partie du temps en France, et non parce que ce que l’on nomme “ scène française ” regroupe “ tout et n’importe quoi, entre le groupes et les artistes qui ont 20 ans de métier (Arthur H, Mano Solo, ...) et ceux qui débarquent ”. Java préfère se concentrer sur leurs collaborations, même si “ quelquefois être trop ouvert, c’est être moins efficace, c’est prendre le risque de se laisser déborder ”.

La scène, question débordement Java, c’est du solide. Le chanteur Erwan qui débarque perruque sur le crâne avant d’enfiler un béret franchouillard au deuxième morceau. Jérôme, le contrebassiste n’a peur de rien avec son costume-bermuda blanc, ses lunettes à la Chips et sa barbe à l’italienne. Alexis (batteur) ressemble à un dompteur mais devant la furia du public en ce soir de 27 juillet 2004, des efforts sont encore à faire pour calmer les tigres dans la fosse. Fixi, finalement, est le plus soft. Le sommet est atteint lorsqu’apparaît Dieu en bonne chair et en os, la barbe et les cheveux blancs, dans sa toge blanche. Ah ce n’est pas Rebecca à l’origine du monde qui pourrait vêtir de tels habits immaculés. Ni même Pépette qui écrase sa clope au fond du Cendrier. Pour transporter le public au paradis, Java jame habilement pendant quelques minutes. Délire de musiciens et délire de la foule.


publié le 12 avril 2008

auteur(s) Julien /

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