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TROIS ARTISTES À CHÂTEAUVERT : ARENE, AVRIL, VALABREGUE

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Un peintre, un assembleur, un sculpteur..
Exposition du 30/07 au 27/11/2016
Centre d’Art Contemporain de Châteauvert

BRUT DE NATURE

À moins d’une heure de la côte bétonnée, des tunnels encombrés, des vrombissements nauséabonds, de l’autre côté de l’autoroute. Presque au milieu de nulle part, un petit miracle culturel : un centre d’art contemporain ! Dans une sorte de hangar, en pleine nature.

Une fois encore le Centre d’Art Contemporain de Châteauvert affirme par un choix d’artistes vivants près de chez nous son identité régionale ; en l’occurrence l’exposition d’œuvres de trois vieux amis - Jean ARÈNE, Armand AVRIL, Nicolas VALABRÈGUE - qu’ils ont créées durant 50 ans à Cotignac.

Des artistes "provençaux" donc. "Provençaux" comme on dirait "bourguignon" ou "normand"… pour situer le territoire - mais sans sachets de lavande et cigales de circonstances. Trois artistes, trois façons de voir le monde, trois œuvres brutes, loin des effets de mode.

Le hangar est devenu un chai : des arômes balsamiques nous accueillent avant même d’avoir vu les œuvres. Des couleurs chaudes et sourdes, du bois partout autour et, au milieu, quelque chose d’un peu âpre, de minéral aussi nous étourdissent un peu. Les trois compères dans leurs créations peintes, sculptées ou assemblées revendiquent clairement l’esprit du sol, l’accent du terroir avec une obstination tranquille.

La peinture de Jean ARÈNE nous plonge littéralement par ses cadrages étudiés au cœur d’une Provence authentique, vécue, mais austère. Les formes sont souvent cernées d’un trait beau et juste (il faut voir les carnets de croquis). Il y en a juste assez pour qu’on se raconte des histoires de berger ou d’après-midi à l’ombre.

Armand AVRIL, lui, est un électron libre. Inclassable. Un "assembleur", terme ambigu à défaut d’un autre, qui convoquerait plutôt le bricolage naïf de matériaux de récupération. Mais un faux naïf, autodidacte cultivé qui rend à sa façon des hommages à Matisse, Malevitch, Picasso… Un malin sorcier qui nous fait voir des mondes grouillants, vaguement inquiétants, avec des épingles à linge, des bouchons de liège, ou on ne sait quoi.

Le troisième larron Nicolas, VALABRÈGUES, à l’instar des deux autres nous offre des œuvres durables dans le temps, charpentées, comme on dirait d’un vin, au sens propre et figuré. Lui aussi nous raconte ou nous suggère des histoires : celle de ces morceaux d’arbres trouvés, calcinés, déjà "sculptés", qu’il assemble en constructions rudimentaires comme des architectures d’un Robinson Crusoé, hors du monde. Pour cette exposition, il a spécialement conçu une étonnante et monumentale sculpture qui se déploie dans l’espace d’une façon un peu angoissante.

Un art rudimentaire, primitif, par des artistes provençaux, provinciaux, enracinés. Cela pourrait se dire. Comme il y a un temps pour tout : pour goûter un vin raffiné, sophistiqué, ou pour partager sans modération un vin de terroir, un peu rude peut-être, mais sincère.

Lilyane ROSE


Crédit photographique : Centre d’Art Contemporain de Châteauvert


publié le 24 novembre 2016

auteur(s) En diagonale /

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