“FIN DES TEMPS ! L’HISTOIRE N’EST PLUS”, L’ART POLONAIS DU 20ÈME SIÈCLE, À L’HÔTEL DES ARTS DE TOULON
Titre plutôt alambiqué* pour cette exposition qui nous raconte une histoire, celle de la Pologne du siècle dernier vue à travers le témoignage de ses artistes. Mais qui annonce bien, en fin de compte, l’émotion qui peut gagner le spectateur : fin des temps ? oui, d’une certaine façon, fin d’une triste époque pour la Pologne si malmenée pendant ce siècle. L’histoire n’est plus ? ça, on peut espérer que cette histoire-là ne sera plus jamais. En tous cas, pour la Pologne, c’est effectivement une ère nouvelle qui s’annonce avec l’ouverture au monde dit occidental, mais c’est aussi l’époque de la mémoire des choses (Kantor).
Quoi qu’il en soit, “l’année de la Pologne” s’est exportée à Toulon avec cette grande rétrospective, accueillie par l’Hôtel des Arts. Occasion inespérée pour nous d’ouvrir les yeux sur une création artistique étrangère et de découvrir que, de l’autre côté du rideau, grâce aux échanges culturels, aux migrations, voire aux exils, la création vivante s’exprimait avec les mêmes intuitions et les mêmes approches que dans les grands foyers européens, souvent même plus novatrices .
Bien sûr, on pourrait aller jusqu’à penser que les palettes sombres, les formes et les compositions heurtées (Szczesny, Kubicki) ou les vidéos et les installations dramatiques (Kantor, Lipecka, Wodiczko) témoignent de l’histoire tragique d’un pays écrasé par les occupations. Mais on peut aussi y découvrir que le Blanc, cette couleur métaphysique, a été exhumé par Malévitch à travers son fameux Blanc sur blanc et qu’il continue à vivre à travers l’oeuvre sacrificielle de notre contemporain Opalka (voir dans la très belle salle du haut, dédiée au blanc).
Exposition à voir ou revoir, riche d’enseignements, efficace. Toute une histoire de l’art, avec la très grande diversité de remises en question et de révolutions qui caractérisent le vingtième siècle. Tout (ou presque ) y est dit.
Jusqu’au 3 octobre à l’Hôtel de Arts de Toulon ( l’exposition à l’espace Peiresc est terminée)
Riche catalogue au prix de 20 €, avec textes du commissaire de l’exposition, Andresz Turowski, qui feront référence en la matière.
Photographies : courtezy L’Hôtel des Arts de Toulon
* " Fin des temps ! l’histoire n’est plus
" Seul reste le créé dans l’infini..."
début du poème “Le temps”, de Cyprian Kamil Norwid
exposition @@@@
ET PENDANT CE TEMPS, LA COLLECTION DE L’HÔTEL DES ARTS S’EXPORTAIT À CARCÈS...
Très bonne initiative de décentralisation : la Maison des Arts de Carces accueillait tout l’été la collection du Conseil général du Var et exposait les oeuvres de Ber, Demozay, Mark, Pizzi Cannella, Plagnol, Kimura, Casamada autour du thème “Formes et Couleurs”.
Photographie : courtesy La Maison des Arts de Carcès et L’Hôtel des Arts de Toulon





