Une exposition hors des sentiers battus et rebattus de la peinture vous attend à la Villa Tamaris. A la lisière de plusieurs mouvements picturaux du XXème siècle (pop, cobra, nouvelle figuration, Blaue Reiter, abstraction lyrique me viennent à l’esprit, bref, du spirituel dans l’art, dans tous les sens du terme spirituel), l’oeuvre anticonformiste et atypique de Michel Tyszblat nous apporte une bouffée de fraîcheur et de gaieté, de tendresse humaniste aussi, ces ingrédients qui, mêlés à une technique colorée et éclatée, donnent à son regard critique sur notre société un aspect “bon enfant” et ludique.
...“Un beau jour, dans ce monde chosifié d’où toute présence humaine semblait bannie, se glisse subrepticement un personnage. Il se confronte timidement à cet univers d’objets. Puis, une ville surgit. Le personnage y déambule et sa vision, en mouvement, éclate et morcelle le décor. Des futuristes avaient déjà exploré cette voie. Je m’y engouffre, trop content d’y retrouver mes fils conducteurs. Depuis quelques temps, les objets ont presque disparu. L’être humain accapare l’espace de la toile, tantôt mendiant déjanté, tantôt danseuse fragmentée et son moteur interne jaillit et se répand. Quelle sarabande !” écrivait-il en 2001, Enchevêtrements, contrastes, contradictions aussi, mouvements, unités des contraires, chaos organisés, refus des normes, recherche permanente, regard lucide et teinté d’humour sur la ville, la technique, les machines, “si polies dans leur apparence et si complexes dans leur ventre. On y retrouve l’ambivalence, la complétude ou les deux”.
Si la peinture est bien une “cosa mentale”, Tyszblat s’apparente à un libre-penseur. Et cette pensée visuelle singulière est plus que jamais d’actualité. Je serais tenté d’écrire, si le vocable n’était par trop galvaudé, contemporaine.”
Extrait du texte de Robert Bonaccorsi paru dans le beau catalogue édité à cette occasion et qui comprend bon nombre de reproductions et de textes, dont un entretien avec Jean-Luc Chalumeau.
Exposition @@@@, à voir et revoir jusqu’au 12 juin, Avenue de la Grande Maison, La Seyne sur mer
04 94 06 84 00
crédit photographique : mflp.
photographies libres de droit, courtesy Villa Tamaris
- sur la vignette, de gauche à droite : M. Tyszblat, D. Baviera, B. Rancillac, R. Bonaccorsi
- photographie de l’artiste devant "Spectacle", huile sur toile 2x3m, 2004

